La Bilharziose

La bilharziose ou schistosomiase, parfois appelée dermatite des nageurs (en), est une maladie parasitaire due à un ver hématophage, le schistosome. Elle est présente dans les zones tropicales et subtropicales : en Afrique, en Amérique du Sud, en Asie et dans le bassin méditerranéen.

C'est la seconde endémie parasitaire mondiale après le paludisme avec une prévalence de 180 millions d’individus affectés, pour environ 280 000 décès chaque année. La morbidité observée chez les populations humaines infectées est essentiellement liée à l’étonnante fécondité du parasite femelle dont les oeufs, pondus par centaines chaque jour, sont piégés dans de nombreuses muqueuses et tissus formant des granulomes.

La bilharziose urogénitale est une maladie due à l’infestation par un ver parasite (Schistosoma haematobium) présent dans l’eau douce. L’infection humaine se produit lors d’un contact diurne avec des eaux douces infestées.
Les larves de vers, libérées par l’escargot hôte (le Bulin) vivant dans l’eau, pénètrent chez l’homme en se frayant un passage à travers la peau. La plupart du temps, l’infection est asymptomatique et passe inaperçue. Sans traitement, les larves peuvent persister des années dans l’organisme et entraîner des complications.

Cycle de la bilharziose

Les premiers symptômes de l'infection se manifestent par des éruptions ou des démangeaisons cutanées, puis, après deux mois d'incubation, par de la fièvre, des frissons, une toux et des douleurs musculaires qui apparaissent alors que les parasites atteignent leur maturité.
La bilharziose se traite facilement mais l'infection passe souvent inaperçue au départ, et des complications intestinales ou uro-génitales ne se manifestent souvent que plusieurs années après, aboutissant à des lésions des reins, de la vessie, du foie, des intestins et des vaisseaux sanguins, voire dans certains cas à des décès.

La bilharziose en Corse

Plusieurs cas de bilharziose urogénitale ont été diagnostiqués fin avril 2014 chez des personnes s’étant baignées dans la rivière Cavu. La Direction générale de la santé (DGS) a saisi le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) pour évaluer les risques liés à cette infection et disposer de recommandations sur la conduite à tenir vis-à-vis des populations exposées.
Les personnes exposées et présentant des symptômes (difficultés urinaires, sang dans les urines…) et/ou ayant des contacts répétés avec l’eau de cette rivière, de par leur profession par exemple, doivent se faire diagnostiquer prioritairement.

L'arrêté prefectoral n°2014167-0001 du 16 juin 2014 porte interdiction de tout contact cutané par baignade ou immersion partielle sur le cours d'eau du Cavu.

Certaines personnes peuvent porter la maladie sans en présenter de symptômes - et donc rejeter le parasite dans leurs urines. L’ANSES recommande :

  • de ne pas uriner dans l’eau des plans et cours d’eau afin de ne pas initier ou pérenniser la transmission de cette maladie et d’interrompre le cycle de cette maladie.
  • d’éviter tout contact avec l’eau d’un plan ou d’un cours d’eau dont la contamination a été confirmée.

A  NOTER !

3 juin 2015 : Levée de l'interdiction de baignade

L'arrêté n° 15-0264 du 3 juin 2015 lève l'inetrdiction de tout contact cutané par baignade ou immersion partielle sur le cours d'eau du Cavu.

Des mesures préventives restent toutefois d'actualité, telles que  :

  • Information de la population par un affichage adapté sur les symptomes de la bilharziose uro-génitale et sur l'obligation de ne pas uriner dans le cours d'eau du  Cavu afin d'éviter le risque de contamination du site.
  • Installation de toilettes aux abord des sites de baignade les plus fréquentés.

 

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